Des sentinelles poids plume : petite technologie, grande défense contre les drones malveillants

- Ottawa, Ontario

Vidéo d'un essai de détection de drones, avec surimpression vocale : Transcription

[Une musique instrumentale rythmée retentit tandis qu'un drone décolle du sol.]

[Un narrateur commence à parler hors champ d'une voix masculine claire et posée.]

Les drones sont de plus en plus utilisés de manière innovante à travers le monde, mais la détection de drones qui représentent une menace peut s'avérer difficile dans des environnements visuellement encombrés tels que les forêts ou les villes densément peuplées.

[La scène montre des drones volant dans un ciel bleu éclatant. Elle passe ensuite à un drone qui vole entre les grands arbres d'une forêt dense, suivi d'une large vue panoramique de la silhouette urbaine de Toronto, en Ontario, la Tour CN étant clairement visible.]

Les chercheurs du Conseil national de recherches du Canada, en partenariat avec Recherche et développement pour la défense Canada, ont mis au point un nouveau système de détection des drones plus portable et plus précis que jamais.

[Un pilote de drone installe un trépied sur un sol pavé, y fixe un dispositif compact de détection de drones et le connecte à une petite station de surveillance portable à côté de lui.]

Déployé à partir d'un seul boîtier, ce système autonome détecte les drones sur de vastes zones. Il utilise une technologie qui analyse la vitesse de rotation des hélices, ce qui lui permet de distinguer les drones des oiseaux et des avions.

[Un pilote de drone est assis à un poste de travail mobile, examinant les données de détection en direct et les images vidéo sur un ordinateur portable, tandis qu'un petit drone vole au loin.]

[La caméra passe à un gros plan de l'interface de détection des drones, montrant des images semblables à celles d'un radar, des données numériques et des images en direct provenant de la station de surveillance.]

Le système de barrière virtuelle est encore plus discret et peut être dissimulé, détectant les drones sans révéler sa propre position. Fait remarquable, ces deux systèmes fonctionnent sans émettre de signaux détectables tels que des fréquences radio.

Cette innovation canadienne change la donne en matière de technologie de détection des drones.

[Un deuxième pilote de drone installe un dispositif de détection de drones plus petit et le dissimule parmi des buissons verts denses.]

[La musique de fond s'estompe jusqu'au silence.]

[À l'écran : le mot-symbole du gouvernement du Canada apparaît sur un fond noir.]

Les drones transforment notre ciel. Ils permettent de capturer des images aériennes à couper le souffle, d'aider les services d'urgence, d'assurer la surveillance militaire et de mener des missions de combat. Toutefois, ce ne sont pas tous les drones qui sont les bienvenus.

En effet, les drones non autorisés peuvent perturber de grands rendez-vous, porter atteinte à la vie privée et menacer des infrastructures critiques comme les aéroports, les bases militaires, le parlement, les prisons et les centrales électriques. Dans les zones de guerre, ils peuvent même être utilisés comme armes peu coûteuses contre des cibles de grande valeur.

Une technologie portable mise au point par le Conseil national de recherches du Canada (CNRC) et Recherche et développement pour la défense Canada (RDDC) permet de repérer à travers de l'encombrement visuel de la végétation, des foules et des bâtiments, sans parler de drones qui posent des menaces et qui pourraient facilement échapper aux systèmes de détection habituels. Cette technologie de fabrication canadienne contribuera à renforcer la sécurité publique au pays et à soutenir les opérations militaires.

Voir clair dans un environnement visuellement encombré

Le CNRC et RDDC ont mis au point une technologie de détection de drones qui offre non seulement une précision plus grande que les technologies actuelles, mais aussi une meilleure compacité. Selon Marc-Antoine Drouin, Ph. D., chercheur principal au CNRC, les essais sur prototype sont très prometteurs. Chef du secteur de visionique de pointe pour la défense et la sécurité, dans le programme Outils d'analyse multimédias pour la sécurité, Marc-Antoine Drouin dirige la recherche sur la détection de drones aux côtés de scientifiques et de spécialistes multidisciplinaires de l'équipe de Visionique et infographie du CNRC.

Marc-Antoine Drouin et Michel Picard procèdent à des essais sur le terrain d'un système de détection de drones à grand champ.
Le système de clôture virtuelle pour la détection des drones, qui peut être facilement camouflé, conçu pour assurer la détection de longue durée de drones volant à basse altitude.

Le prototype, qui a été mis à l'essai en collaboration avec RDDC et les Forces armées canadiennes (FAC), vient complètement changer la donne. « Non seulement le système est capable de détecter des drones là où aucune autre technologie n'y parvient, mais il le fait sans émettre de radiofréquences pouvant révéler sa présence », a révélé le chercheur. Le système est suffisamment perfectionné pour pouvoir distinguer entre de véritables drones et d'autres objets déclenchant de faux positifs, comme des oiseaux ou des aéronefs. La technologie a de plus l'avantage d'être portative, elle peut tenir dans une voiture ou un petit blindé, et même être transportée à pied.

Deux prototypes sont testés sur le terrain par des utilisateurs finaux pour s'assurer qu'ils s'intègrent parfaitement dans les opérations actuelles, ouvrant ainsi la voie à un produit commercialisable. Le premier, un détecteur de drones à large portée, utilise un miroir de balayage pour parcourir son champ de vision, offrant ainsi une couverture sur de vastes espaces. Le second, une barrière virtuelle, peut être facilement camouflé et est conçu pour la détection à long terme des drones volant à basse altitude qui utilisent le relief naturel pour échapper aux systèmes traditionnels, lesquels sont susceptibles d'avoir des angles morts dans les paysages extérieurs.

« Nous étudions les effets des forces physiques qui permettent aux drones de se maintenir dans les airs, c'est ce qui rend notre recherche si unique, a ajouté M. Drouin. Par exemple, nous avons utilisé avec succès la signature de la vitesse de rotation des hélices pour différencier les drones d'autres objets volants comme des oiseaux ou des débris. »

Dans des applications militaires, les exigences de protection sont aussi complexes que les menaces. « Pour suivre les progrès rapides de la technologie dans le domaine des systèmes d'aéronef sans équipage dont les drones font partie, il faut développer de nouvelles capacités de détection avec des partenaires compétents comme le CNRC », a confié Guillaume Gagné, scientifique de la défense du centre de recherche de RDDC à Valcartier. Celui-ci se réjouit à l'idée de poursuivre la collaboration entre le CNRC et RDDC afin de faire avancer la technologie encore plus loin pour pouvoir lutter efficacement contre les menaces de plus en plus élaborées.

Une technologie prête pour demain

Il reste maintenant à mettre en marché des solutions adaptées aux besoins particuliers de notre clientèle. Pour accélérer l'adoption des nouvelles technologies antidrone à des fins militaires, le CNRC et RDDC travaillent en collaboration avec le bureau interarmées des systèmes de défense contre les systèmes d'aéronefs sans équipage des Forces armées canadiennes dans le but de trouver des occasions de recourir à cette nouvelle technologie dans un cadre d'opérations. Selon le lieutenant-colonel Chris Labbé, chef du bureau interarmées, le déploiement rapide des capacités antidrones de pointe constitue la seule avenue possible pour protéger le personnel des forces armées et garder une longueur d'avance sur les menaces que représentent les drones. Les soldats contribuent à transformer les prototypes en matériel utilisable grâce aux commentaires qu'ils et elles font aux scientifiques et aux concepteurs.

Le détecteur à grand champ scrute le champ de vision de l'appareil au moyen d'un miroir, ce qui lui permet de couvrir une vaste superficie.

Plusieurs petits ajustements permettent d'adapter le système à différents usages. Par exemple, un prototype conçu pour fonctionner à 10 m d'une station d'exploitation aura besoin d'une plus grande portée s'il est installé sur un toit. Il arrive aussi que la vitesse de déploiement soit un facteur crucial. C'est le cas des systèmes faits pour être transportés dans un coffre d'une voiture qui doivent être opérationnels en quelques minutes. Il y a aussi la nécessité de pouvoir transmettre l'information aux opérateurs.

Marc-Antoine Drouin explique que des essais ont eu lieu avec de multiples parties prenantes du domaine de la défense et de la sécurité publique. « Nous avons installé notre système de détection à différents endroits et grâce aux commentaires reçus, nous avons vu quelles modifications nous devions apporter pour mieux répondre aux besoins des utilisateurs. Nous avons ainsi doublé la portée de détection, ajouté une liaison radio pour signaler la présence de drones et assuré la connexion avec le logiciel de commande et de contrôle ».

Cette innovation canadienne, fruit d'un partenariat entre le CNRC et RDDC, a propulsé la technologie de détection de drones vers de nouveaux sommets, en la concentrant dans un boîtier de petites dimensions facile à transporter. Désormais, les drones seront toujours dans notre mire.

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