Fatemeh Mirakhorli

 

- Ottawa, Ontario

La science fait partie de la vie de Fatemeh Mirakhorli d'aussi loin que remontent ses souvenirs. En Iran, où elle est née, elle décroche d'abord un baccalauréat puis une maîtrise en sciences des matériaux et en métallurgie avant de prendre la décision de se lancer dans une carrière scientifique. « Je voulais poursuivre en science sur une plus grande échelle, et contribuer à des travaux scientifiques qui pourraient avoir un impact international », explique-t-elle.

Pour y parvenir, elle entreprend un doctorat à l'École de technologie supérieure de Montréal avec la collaboration de l'Institut de recherche en électricité du Québec (IREQ) et du Centre de recherche en aérospatiale du CNRC. Le sujet? Le soudage laser des pièces de turbines destinées aux centrales hydroélectriques. Elle y acquiert une expérience pratique et des connaissances théoriques en soudage laser, et en profite pour en apprendre davantage sur les rouages du CNRC. Quand l'occasion de travailler directement pour celui-ci se présente, quelques mois avant la collation des grades, la décision n'est guère difficile à prendre. « Je savais qu'en poursuivant des projets de premier plan avec la formidable équipe du CNRC, ma carrière en science et en technologie ne pourrait qu'avancer, reprend-elle. J'étais fière de prendre part à un travail qui compterait vraiment pour l'industrie. Gérer des projets qui s'attaquent à des problèmes ardus et qui aideront les entreprises canadiennes à aller de l'avant est très gratifiant pour moi. »

Désormais agente de recherches, Fatemeh travaille pour le Centre de recherche sur l'automobile et les transports de surface. Plus précisément, ses travaux en soudage fusion et laser sont réalisés au Centre des technologies de l'aluminium, à Saguenay.

« En gros, un laser consiste en un faisceau lumineux ultramince, d'une grande intensité et cohérence, qu'une fibre optique transmet à la tête de l'appareil pour concentrer la lumière en un point minuscule où le matériau est soudé, ou subit un autre conditionnement, déclare-t-elle. Les applications du soudage laser ne cessent de se multiplier dans des secteurs comme l'automobile, la médecine, l'électronique, l'aéronautique, voire l'alimentation. L'une des principales raisons pour cela est que cette technique accélère la production. En outre, elle confère de bonnes propriétés mécaniques au matériau, car la zone chauffée, où a lieu la fusion, est moins étendue. La distorsion attribuable à la chaleur est donc moins grande et les possibilités en conception, plus nombreuses. Le CNRC a mené à bien beaucoup de projets de recherche pour aider l'industrie canadienne à passer à des procédés de fabrication plus écologiques, rapides et efficaces en adoptant le soudage laser. »

Lorsqu'on lui demande comment elle se sent dans un domaine principalement peuplé d'hommes, Fatemeh répond à la fois avec humilité et passion : « J'encourage les filles à se lancer dans les STIM de mon mieux. Certes, une jeune femme aura parfois du mal à voir loin quand la science compte si peu de pionnières. Pourtant, il y a beaucoup de femmes en science et elles pourraient aider leurs benjamines à forger un rêve, puis à s'en rapprocher. Je m'efforce de répéter aux jeunes des 2 sexes qu'en s'accrochant à leur rêve, ils réussiront. Ils se feront une place en science, peu importe la manière dont la société les traite ou les obstacles que la vie sème sur leur route. Entreprendre une carrière scientifique, surmonter des défis et acquérir un savoir qui aura de vraies retombées procurent autant de plaisir que de satisfaction. »

Fatemeh Mirakhorli