Étudier les étoiles tout en protégeant la Terre : l'Observatoire fédéral de radioastrophysique au front de la prévention des incendies de forêt

 

- Kaleden, Colombie-Britannique

Un avion-citerne répand un produit ignifuge sur un incendie près de l'Observatoire de radioastrophysique du CNRC.

En 2014, un incendie de forêt s'est déclaré à moins de 2 kilomètres à l'ouest de l'Observatoire fédéral de radioastrophysique (OFR) du CNRC. Personne n'a été surpris : la région de l'Okanagan en Colombie-Britannique (C.-B.) est la proie d'un nombre record d'incendies depuis quelques années. L'OFR se trouve dans le bassin de White Lake, protégé des pluies par les montagnes côtières, ce qui en fait l'une des zones forestières les plus arides de la province et l'une des régions les plus chaudes en été. Paradoxalement, les mesures prises pour lutter contre les incendies ont accru le combustible naturel disponible – les arbres qui empiètent dans la plaine, la densification des peuplements de jeunes arbres et la couverture herbacée forment une véritable poudrière à la merci de la foudre et de la négligence humaine.

Conscient de la nécessité de protéger l'environnement, le CNRC a fait appel à des spécialistes en foresterie et à des membres des Premières Nations de la région qui connaissent les protocoles de gestion des incendies de forêt pour mieux comprendre comment il pouvait protéger les friches autour de l'OFR et la richesse de la faune et des savoirs autochtones ancestraux qu'elles abritent.

Que ce soit pour observer les étoiles ou pour préserver les peuplements d'amélanchiers, il faut protéger le bassin de White Lake

Seul observatoire de radioastrophysique ouvert au public au Canada, l'OFR sert également de laboratoire d'essais des technologies canadiennes développées pour équiper les télescopes les plus perfectionnés. L'OFR est entouré de 5 000 acres de terres non aménagées, un écrin sans pollution radioélectrique qui permet aux instruments de détecter les signaux les plus ténus provenant des confins de l'espace.

Après des décennies sans incendies de forêt, la végétation à proximité de la plaine où est érigé l'OFRA s'était densifiée, constituant une réserve de combustible naturel pour de futurs embrasements.

Ces terres ont également une grande valeur sur le plan culturel puisque pendant des milliers d'années, la vallée de l'Okanagan a accueilli des communautés des Premières Nations qui ont joué un rôle clé dans la protection des forêts contre les incendies. Le CNRC s'est donc associé aux Premières Nations de la région pour bénéficier de leurs savoirs ancestraux et mettre en place un important plan pour protéger ces terres.

L'écosystème de la vallée est vulnérable et a besoin d'être protégé. Les prairies qui ceignent le site de l'observatoire sont l'une des plus importantes réserves de milieux naturels intacts de la région et abritent une très grande biodiversité. Le bassin de White Lake est l'habitat de dizaines d'espèces à risque et on y trouve des habitats essentiels sous la protection des deux ordres de gouvernement, provincial et fédéral.

Un plan pour réduire les risques d'incendie dans le bassin de White Lake

Un des volets du plan de réduction des risques d'incendie de forêt consiste à réduire la densité de la canopée forestière afin de limiter la propagation de futurs incendies.

Après des années de planification rigoureuse avec la participation des communautés autochtones locales et en consultation avec les principaux intéressés et les usagers des terres, le CNRC a échafaudé de 2018 à 2021 un plan de prévention efficace pour réduire les risques et les répercussions des incendies de forêt. L'objectif de ce plan était de réduire les effets de ces sinistres sur l'environnement, la faune et les terres ayant une valeur dans les cultures autochtones.

Ce plan comportait des mesures pour limiter le combustible végétal naturellement présent, par exemple, récolter les arbres morts ou tombés, éclaircir la canopée forestière et supprimer les combustibles étagés, comme le font les feux de faible intensité qui ont l'habitude de se déclarer spontanément dans la région du bassin de White Lake. 

L'équipe du CNRC a travaillé en collaboration avec des spécialistes en gestion forestière, des groupes autochtones locaux ayant une connaissance des écosystèmes et de la prévention des incendies de forêt, ainsi que des biologistes pour parvenir à comprendre et à gérer les interactions du projet sur le biome. Pour ce faire, ils ont procédé à plusieurs études environnementales, mis en place des plans de surveillance et identifié les composantes fragiles de l'écosystème ainsi que les ressources et les sites ayant une valeur culturelle qui devaient être épargnés par les mesures de gestion préventive.

Au cours de la saison hivernale de 2022 et de 2023, la Bande indienne de Penticton dirigera les mesures prévues dans le plan de prévention, allant de l'éclaircissement des peuplements d'arbres trop denses à l'élagage des branches mortes et d'autres plus ciblées afin de restaurer l'état naturel normal du milieu.

Le projet de prévention des feux de forêt et les mesures adoptées pour le concrétiser sont considérés non seulement comme essentiels à la sécurité du site de l'OFR et de la population, mais ils auront des répercussions bénéfiques sur l'environnement. Le CNRC est extrêmement reconnaissant de l'aide qu'il a reçue des groupes autochtones locaux, des conseillers en gestion des forêts, des biologistes et des partenaires locaux pour appuyer ses efforts visant à protéger ce lieu qui est précieux aussi bien pour son milieu naturel vital que pour la vue qu'il nous offre des étoiles.

L'histoire de la bande de Penticton, de la Nation Syilx Okanagan et de leur savoir dans la gestion des incendies de forêt

La bande indienne de Penticton et la Nation Syilx Okanagan assurent l'intendance des terres, des eaux et du tmixʷ (vocable englobant toutes les manifestations du vivant) sur le territoire syilx depuis des temps immémoriaux. À l'époque du st'elsqilxʷ, le créateur K̓ʷuləncútn a donné vie au peuple Syilx pour qu'il habite ce territoire. Comme les humains n'avaient pas l'instinct propre à tous les représentants du tmixʷ pour survivre et vivre en harmonie avec le tmxʷulaxʷ, K̓ʷuləncútn a donné aux Premiers Peuples des souvenirs qu'ils se sont transmis de génération en génération pendant des milliers d'années.

Les Premiers Peuples étaient également dépourvus de fourrure pour les garder au chaud, de griffes et de crocs acérés pour se protéger et de l'agilité et de la vitesse nécessaires pour capturer leurs proies. Pour cette raison, les esprits animaux ont accepté de se sacrifier afin que les Syilx puissent survivre grâce aux ressources qu'ils mettaient à leur disposition. En reconnaissance de ces cadeaux volontairement offerts par les animaux et du savoir que leur avait légué K̓ʷuləncútn, les Syilx ont conclu une alliance en vertu de laquelle ils acceptaient la responsabilité immense et essentielle de prendre soin du tmxʷulaxʷ et du tmixʷ. Ils ont assumé cette responsabilité de générations en générations et continuent de le faire encore à ce jour.

Pendant d'innombrables générations, les Syilx ont vécu en harmonie avec la terre, la faune et la flore. Nous vivons dans le respect de principes éthiques profondément ancrés en nous qui régissent la façon dont nous prenons soin de nous-mêmes et de nos proches. Ces principes et les protocoles qui en découlent s'appliquent dans toutes les dimensions de nos vies.

L'utilisation du feu pour gérer nos terres est régie par de nombreux protocoles. Les techniques de brûlage dirigé et de gestion des combustibles forestiers sont au cœur de l'intendance des terres assurée par les Syilx et sont mises en œuvre avec la collaboration du tmixʷ depuis des milliers d'années. Des gardiens du feu spécialement formés détiennent le savoir sacré sur lequel reposent ces protocoles et appliquent ce savoir dans les brûlages dirigés qui font partie de leurs plans d'intendance de leur environnement.

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