Cadre d'évaluation de l'économie bleue pour le Canada atlantique

- St. John's, Terre-Neuve-et-Labrador

Vague blanche éclaboussant la mer d'un bleu profond

L'économie des océans du Canada est en train d'évoluer vers ce que l'on appelle l'économie bleue, un concept qui accorde autant d'importance à la viabilité économique et à la durabilité environnementale qu'à l'équité sociale.

« La santé des océans se détériore rapidement en raison des activités humaines », explique Marie-Chantal Ross, directrice du programme Océans du Conseil national de recherches du Canada (CNRC). « Le milieu est beaucoup moins viable, ce qui compromet la survie de l'espèce humaine. Si les pays riches profitent actuellement des nombreuses ressources des océans, les changements dans leur état de santé affectent surtout les communautés marginalisées. L'économie bleue est nécessaire pour que l'humanité prospère. »

La santé et la richesse des océans

L'économie bleue est au cœur du programme Océans du CNRC. Ce programme finance des projets de recherche qui cadrent avec le double objectif de préserver la « santé des océans » et la « richesse des océans » et qui, dans de nombreux cas, prévoient des collaborations avec des partenaires de l'industrie, du milieu universitaire et du secteur des organisations à but non lucratif.

L'un de ces projets, le « Cadre d'évaluation de l'économie bleue pour le Canada atlantique » (disponible en anglais seulement), vise à élaborer une définition pratique du concept d'entreprise de l'économie bleue à l'intention des gens d'affaires. Les travaux de recherche ont été menés par Ronnie Noonan-Birch, une étudiante à la maîtrise à l'Université Dalhousie supervisée par Marie-Chantal Ross.

« Ronnie s'intéressait au lien entre l'économie bleue et les objectifs de développement durable des Nations Unies ainsi qu'à la manière dont les entreprises pourraient s'en servir pour prendre des décisions », explique Marie-Chantal Ross.

Tirer parti des objectifs de développement durable des Nations Unies

Les 17 objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies constituent un cadre mondial ou une méthode permettant de bâtir un avenir durable pour la planète d'ici à 2030. Parmi ces objectifs, on retrouve notamment l'éradication de la pauvreté et de la faim, l'égalité des genres, la promotion d'une croissance économique inclusive et durable, des emplois et un travail décent pour tous et toutes, ainsi que la conservation et la gestion durable des océans, des mers et des ressources marines.

« Les ODD des Nations Unies correspondent parfaitement aux objectifs de l'économie bleue », rappelle Marie-Chantal Ross.

Chaque ODD est associé à un certain nombre de cibles et Ronnie Noonan-Birch a déterminé que onze d'entre elles présentaient un intérêt particulier pour l'économie bleue du Canada. Elle précise que les cibles sont interdépendantes et qu'elles sont toutes liées à ce que l'on considère comme les piliers du développement durable : l'économie, la société et l'environnement.

« Si l'on agit sur les objectifs biologiques, cela a une incidence sur les objectifs en matière de santé, qui ont un effet sur les objectifs économiques », explique Ronnie Noonan-Birch, ajoutant qu'elle a choisi les ODD comme cadre théorique pour son travail parce qu'ils sont acceptés partout dans le monde, mais aussi parce qu'ils sont fondés sur une approche systémique, c'est-à-dire qu'ils tiennent compte du fait que les défis évoluent constamment et sont interreliés.

Créer un cadre pour les entreprises canadiennes

En établissant des correspondances entre les cibles des ODD et les activités des entreprises du Canada atlantique, Ronnie Noonan-Birch a créé un cadre permettant aux entreprises de commencer à mesurer l'efficacité de leur contribution à l'économie bleue.

Elle a ensuite transmis son cadre à des entreprises du Canada atlantique ayant déclaré participer à l'économie bleue, afin d'analyser dans quelle mesure elles correspondaient à la notion d'entreprise « idéale » de l'économie bleue. Dans l'ensemble, Ronnie Noonan-Birch a constaté que, bien que ces entreprises puissent en faire davantage, elles sont sur la bonne voie.

Ronnie Noonan-Birch s'empresse de souligner que le cadre qu'elle a créé ne vise pas à exclure des entreprises, mais représente plutôt un objectif à atteindre. « C'est un moyen pour les entreprises de s'évaluer elles-mêmes, explique-t-elle, et nous espérons qu'à terme, les secteurs publics et privés canadiens comprendront l'intérêt d'un tel cadre. »

« Les prochaines étapes consisteront à déterminer plus exactement, en collaboration avec l'industrie, comment créer une mesure réaliste et utile qui pourra être utilisée pour identifier les entreprises participant à l'économie bleue. Les conseils fournis dans le cadre peuvent les aider à progresser vers une meilleure performance environnementale et une plus grande équité sociale. »

Marie-Chantal Ross souhaite que les gens d'affaires prennent conscience que l'économie bleue est la voie à suivre. Elle ajoute que des projets comme celui de Ronnie Noonan-Birch montrent aux entreprises que des moyens stratégiques de participer à l'économie bleue donnant des résultats mesurables existent. Marie-Chantal Ross estime qu'en établissant un lien entre la santé et la richesse des océans, les projets de ce type aident également le CNRC à prendre de bonnes décisions, par exemple en ce qui concerne les partenariats ou les innovations à soutenir.

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